Mendiants et pauvreté en Inde - Namasté un Voyage en Inde

Mendiants et pauvreté

 L'Inde compte un milliard d'habitants, le dernier recensement de 2001 l'annonce officiellement. On estime à au moins 200 millions de personnes, les classes sociales aisées ou riches. On dénombre aussi des centaines de millions de gens modestes. Mais incontestablement, le niveau de vie progresse dans le pays. Des études sur ce sujet ont récemment été publiées, qui montrent qu'en sept ans, le nombre de pauvres aurait regressé de 60 millions de personnes, ce qui est considérable.

 

Les préjugés sur ce sujet de la pauvreté en Inde sont tenaces. Combien de nos compatriotes n'ont-ils de ce grand pays que cette vision réductrice ? L'on ne niera évidemment pas que la misère la plus sordide, la plus choquante, puisse agresser le visiteur non préparé. Mais on constatera aussi que les actions humanitaires largement médiatisées en Europe (Mère Theresa, Dominique Lapierre, etc.) contribuent involontairement à implanter dans l'esprit des occidentaux l'idée que l'Inde est un pays épouvantable...

 

Sans aller jusqu'à cette caricature, il est certain que l'Inde compte d'innombrables petits métiers urbains, d'innombrables paysans dont beaucoup vivent à la limite de l'indigence. L'Inde est encore largement rurale (plus de 50 % de la population) et l'on dit que le pays aurait six cent mille villages. Quant aux vrais pauvres, en ville comme dans les campagnes, ils sont tellement pauvres que vous ne pouvez imaginer ce dont il s'agit.

 

Ne vous étonnez pas d'en voir, il y en a. Ne vous étonnez pas non plus d'être sollicité, dans les lieux où les touristes défilent. Mais soyez conscient également que les gens, la plupart du temps des enfants dépenaillés, sales comme des poux, ou de malheureuses femmes affublées d'un bébé chassieux, exercent une sorte de métier quand ils vous harcèlent. Cette mendicité organisée, souvent racoleuse, est irritante et elle présente l'inconvénient majeur d'occulter la misère silencieuse et affreuse de millions de personnes. Réservez surtout votre compassion aux lépreux, parias parmi les parias, ou aux infirmes bien que malheureusement leur état ait parfois été délibérément provoqué.

 

Vous serez, un peu trop souvent à votre goût, abordé avec insistance par des enfants qui vous demanderont stylobilles, bonbons, chocolat, argent... Donnez à bon escient; certains disent de ne jamais rien donner, car vous contribuez ainsi à transformer ces enfants en mendiants définitifs.

 

Si votre mauvaise conscience d'occidental vous démange, ne vous dédouanez pas d'une pièce de cinq roupies une fois de temps à autre. Il existe d'excellentes organisations d'aides, où vos dons seront bien utilisés pour nourrir des nécessiteux, alphabétiser les enfants, apprendre un métier permettant aux exclus, tels que les lépreux, de se réinsérer et de trouver enfin un peu de dignité.  

Si vous ne suivez pas ces conseils, faites un minimum : ne donnez pas de bonbons aux enfants. Au mieux, ils les revendront, au pire, ils les mangeront et auront des caries qu'ils n'auront pas les moyens de faire soigner.

 

On complètera ce sujet en précisant que ces pauvres ne "travaillent" même pas pour eux. Regardez : vous donnez, disons un petit savon, à une gamine. Dans les secondes qui suivent, une plus grande vient la rançonner...  

N'oubliez pas non plus que ces miséreux sont quasiment toujours des intouchables : aucun indien de caste, même ultra-pauvre, n'ira mendier à un étranger, ou le harceler en le touchant.

 

 

Conclusion : vous n'êtes pas le Père Noël ni Mère Theresa. Ne vous révoltez pas contre l'injustice sociale, c'est parfaitement inutile, et vous pouvez faire beaucoup mieux que de jouer l'important devant des amis dans une soirée, à votre retour, en expliquant, avec force détails, le choc qu'a pu ressentir votre sensibilité...

 

Enfin, surtout, surtout, n'ayez pas le complexe du "riche civilisé" dans un monde de pauvres. Primo : il y a beaucoup d'Indiens infiniment plus riches que vous ne serez jamais, deuxio : nous n'avons pas, et de loin, le monopole de la civilisation... Pauvreté n'est pas indigence mentale.

 

 

 

 

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